Agritech et foodtech sont des secteurs absents des nomenclatures classiques. Un client nous a récemment demandé d'identifier les projets d'investissement relevant de ces deux filières dans les cinq dernières années.👇

Quelques conclusions de notre analyse sont partageables ici :

- plus de 500 projets identifiés dans les cinq dernières années ;

- 382 entreprises, dont 60% de startups et 83% de microentreprises et de PME ;

- 2,4 milliards d'euros investis et 2 milliards d'euros 🪙 de fonds levés, avec une tendance à la hausse (cf. graphique ci-dessous) ;

- les trois premiers secteurs en montants investis : les industries alimentaires 🥗, les cultures végétales 🌱 et la chimie ⚗️;

- en nombre de projets, la Bretagne est la première région pour les projets industriels et de r&D, l'Île-de-France première pour les projets numériques et les Pays de la Loire premiers pour les projets agricoles.

Pourquoi ça tient ? On nous la question en commentaire d'un post sur la page de Trendeo, en relevant le fait que l'emploi tient mieux que ne laissaient penser les prévisions de début d'année. ⬇️

Nous ne sommes pas conjoncturistes, et nous travaillons principalement à la production et à l'analyse de nos propres données. En matière de conjoncture, ces données permettent cependant d'avoir des éléments de tendance à chaud.

Les points suivants relèvent donc de réflexions personnelles autant que d'analyse de données, à titre spéculatif, pour expliquer l'absence de crise massive :

- les taux d'intérêt ont certes monté, mais comme l'inflation est forte, les taux réels sont encore négatifs ;

- les taux européens n'ont pas augmenté autant que les taux américains, l'euro faible (en baisse contre le dollar depuis mars 2022 environ) aide les exportations ;

- l'économie française est moins industrialisée que plusieurs de ses voisins. C'est un handicap de long terme, mais quand la hausse des prix de l'énergie touche surtout l'industrie, c'est un "avantage relatif" ;

- les prix de l'énergie pour les entreprises sont plus faibles en France (Eurostat indique un 12 cts/Mw en France au premier semestre, vs 18 pour l'Allemagne) ;

- la crise de 2020 a été gérée avec le souci de permettre la reprise, notamment via le chômage de longue durée, et les effectif publics ont été préservés, deux caractéristiques qui étaient absentes de la crise de 2008/2009 ;

- la consommation a été comprimée en 2020 et les ménages ont accumulé du pouvoir d'achat qui s'est libéré à partir de 2021 ;

- les "esprits animaux" des investisseurs ont aussi été bridés en 2020, et notamment avec l'aide de France Relance, se sont libérés en fin de confinements ;

- certains secteurs comme l'automobile sont tenus d'investir pour réussir le passage du thermique à l'électrique, d'autres, comme l'hydrogène, bénéficient d'un soutien public important ;

- une crise assortie de perte d'emplois n'intervient pas brutalement en phase de ralentissement, il y a d'abord une réduction des investissements, en réaction à la baisse des perspectives et des résultats ; puis des décisions négatives si ces perspectives de dégradation se prolongent.

Il y a donc de nombreuses raisons pour expliquer la tenue de l'emploi et de l'investissement en France depuis la crise liée à l'agression russe du début d'année. Cela ne veut cependant pas dire que la conjoncture va rester bonne, ou meilleure qu'attendu, quoi qu'il arrive.

Nous notons d'ailleurs que les montants d'investissement annoncés et relevés dans notre base de données France sont, en novembre 2022, en extrapolant sur la base des 20 premiers jours, les plus faibles depuis cinq ans, après avril 2020 (et hors mois d'août). Cette baisse touche tous les secteurs et toutes les tailles d'entreprises. Reste à savoir s'il ne s'agit que d'un trou d'air ou de l'annonce de difficultés plus durables...

montant mensuel des investissements en France en milliards d'euros

La montée de la Chine dans la production de véhicules électriques 🚗est aujourd'hui indéniable.

Dès 2018, les données collectées dans la base mondiale Trendeo (Industries & Stratégies) montraient que les investissements dans le véhicule électrique avaient dépassé les investissements dans les véhicules à moteur thermique :

Ensuite nous montrions que l'Asie représentait 66% des projets d'investissement dans le véhicule électrique - contre 9% pour l'Amérique et 23% pour l'Europe :

/

Au moment où sont sorties ces données, c'était encore une surprise.

Les utilisateurs de notre base Industries & Stratégies ont accès chaque jour à plus de 25 000 projets d'investissement, qui décrivent aujourd'hui l'industrie de demain !

Chaque semaine, nous vous présentons un résumé de la semaine précédente telle qu’elle ressort des données collectées par notre Observatoire de l’emploi et de l’investissement en France, une base de données économiques entretenue par Trendeo depuis janvier 2009.

Semaine du 8 au 14 octobre 2022

Ce matin la presse reprend certaines données issues de notre analyse de l’année 2021, notamment sur la dynamique de l’industrie. Un dossier complet a été diffusé à nos clients hier et commenté dans un webinaire (réservé à nos clients et abonnés).

Dans les Échos :
« Selon le pointage réalisé par Trendeo à partir d’articles de presse, 87 sociétés ont ramené des activités dans l’Hexagone l’an dernier, un record. Les créations d’usines ont, elles aussi, augmenté : 176 projets d’ouvertures ont été recensés, soit trois fois plus que le nombre de fermetures de sites industriels (56). Zalando, le spécialiste de la vente de chaussures sur Internet construit un deuxième entrepôt, Sanofi va créer un centre dédié à l’ARN messager, le constructeur automobile Stellantis investit dans son site de La Janais pour produire son SUV électrique….« 

La dynamique industrielle est donc bonne mais, avec de nombreux points d’interrogation (inflation, difficultés d’approvisionnement liées à l’agression russe en Ukraine…) la question est de savoir si cela va durer, comme le rappellent dans l’article Alexandre Saubot, pour France Industrie et Olivier Lluansi

Nos dernières données ont également été commentées par l’AFP, et reprises notamment dans Fashion Network.
Pourquoi ? Parce qu’en 2021, au sein des secteurs industriels, ce sont les industries du cuir et de la chaussure qui sont en tête en termes d’annonces de créations et de suppressions d’emplois.

Mise à jour de notre base Trendeo France

Tags publics, critères de l’Usine du Futur, et précisions sur les levées de fonds ont été intégrés à notre base Trendeo France – Observatoire de l’emploi et de l’investissement en France.

Début mars nous avons procédé à plusieurs modifications et améliorations de notre base.  A découvrir sur le site plus en détail :

1. Les tags publics

Aujourd’hui, les tags sont une fonctionnalité ouverte à chaque client et utilisateur, pour ajouter une marque ou un champ personnalisé à un certain nombre de projets. Nous avons décidé de créer des tags partagés avec l’ensemble de nos utilisateurs :

A suivre prochainement : les ajouts de nouveaux tags, Innovation et Haute technologie.

2. Les critères de l’Usine du Futur

Nous avons intégré une notation qualitative des projets d’investissement, basée sur 6 critères rattachés à la notion d’Usine du Futur, définis avec FivesEDF et l'INSTITUT DE LA REINDUSTRIALISATION.

Ces critères sont :

L’intérêt de la notation pour les utilisateurs est de pouvoir visualiser en avant les bonnes pratiques, repérer les projets d’investissement les plus qualitatifs et obtenir des détails sur ceux-ci. Lorsqu'un projet est recensé, nos analystes rajoutent un commentaire spécifique.

L'intégration est systématique depuis mars 2022. Nos analystes ont notés ex-post, plus de 1000 projets annoncés entre juin 2020 et février 2022.

3. Précisions sur les levées de fonds

La champ "levées de fonds" évolue.  Jusqu'à maintenant il ne comportait que deux valeurs, 0 ou 1. Dorénavant, il sera possible d’identifier le rang de la levée de fonds et d’identifier les entreprises en recherche de fonds. Le champ pourra donc prendre 6 valeurs :

Pour plus d'informations sur ces nouveautés : contact@trendeo.net

Nous avons intégré une notation qualitative des projets d’investissement, basée sur 6 critères rattachés à la notion d’Usine du Futur, définis avec FivesEDF et l’INSTITUT DE LA REINDUSTRIALISATION.

Ces critères sont :

L’intérêt de la notation pour les utilisateurs est de pouvoir visualiser en avant les bonnes pratiques, repérer les projets d’investissement les plus qualitatifs et obtenir des détails sur ceux-ci. Lorsqu’un projet est recensé, nos analystes rajoutent un commentaire spécifique.

L’intégration est systématique depuis mars 2022. Nos analystes ont notés ex-post, plus de 1000 projets annoncés entre juin 2020 et février 2022.

Précisions sur les levées de fonds

La champ « levées de fonds » évolue.  Jusqu’à maintenant il ne comportait que deux valeurs, 0 ou 1. Dorénavant, il sera possible d’identifier le rang de la levée de fonds et d’identifier les entreprises en recherche de fonds. Le champ pourra donc prendre 6 valeurs :

Pour plus d’informations sur ces nouveautés : contact@trendeo.net

Petit aperçu de notre baromètre Usine du Futur...

Dans notre dernier baromètre sur l'Usine du Futur 2021 (analyse de l'investissement industriel mondial), nous avons mesuré la distance entre le siège de l'investisseur et le lieu de son investissement.

Appliquée aux plus de 22 000 investissements de notre base de données, nous avons constaté que la distance moyenne était de 3 391 km (5 226 km pour les IDE et 1 027 km pour les investissements domestiques).

Nous avons également montré :

- qu'il y avait une tendance à la diminution de la distance entre le lieu d'une décision d'investissement et le lieu de l'investissement, même avant la Covid ;

- que 2020 a été l'année de la plus forte réduction de la distance moyenne ;

- qu'en 2021, la distance moyenne diminue encore mais à un rythme plus lent.

Pour recevoir le rapport complet, contactez-nous : https://www.trendeo.net/contact/ 

Peut-on installer des startups en zone rurale ? Des usines en métropole ?

Partage de données préparées dans le cadre d'un colloque régional, ou petit aperçu de notre méthodologie pour répondre à ces questions.

Nous avons commencé par regrouper les zones d'emploi françaises en 5 catégories, depuis les "rang 1" (8 zones d'emplois regroupant 30% de la population employée française), jusqu'au "Rang 5", avec 147 zones regroupant 10% de l'emploi français. La question est complexe, mais, en premier abord, on peut dire que les zones de rang 1 sont plutôt des métropoles, et les zones de rang 5 des zones rurales.

Ensuite nous avons analysé la répartition des créations d'emplois par zone, dans la base Trendeo, pour chacun des types d'activité définis dans notre base (https://lnkd.in/dz9x7Ks). L'objectif est de mesurer la sur ou sous-représentation de chaque type d'activité dans chacune de ces zones.

La méthode est simple : les zones de rang 1 accueillent 30% des emplois en France, mais, dans les données Trendeo, ont accueilli 52% des emplois de service créés de 2009 à 2021. D'où une sur-représentation de 74% de ces emplois (première case du deuxième tableau ci-dessous).

Quelques réflexions sur les résultats d'ensemble :

Une partie de ce qu'on appelle la métropolisation des activités vient de la croissance des activités numériques par exemple, non pas d'une supériorité intrinsèque des métropoles pour tous les types d'activités. Si l'investissement industriel reprend, il pourrait y avoir un rééquilibrage.

Cela veut dire aussi que les métropoles de premier rang ne devraient probablement pas essayer de se positionner sur l'attraction d'investissements industriels - sauf cas particuliers. En revanche les villes moyennes et les zones rurales peuvent bénéficier de la reprise de l'emploi industriel.

Ces quelques conclusions à gros traits méritent confirmation et analyse zone par zone, que nos utilisateurs peuvent faire pour leur propre compte !

Contactez-nous : https://www.trendeo.net/contact/

Les batteries pour véhicule électrique, un enjeu stratégique européen

Beaucoup d'informations intéressantes dans l'article "This is Europe’s plan to crush China’s battery power" de WIRED (c'est aussi un signe que des infos stratégiques sur le marché automobile soient dans Wired) :

- l'Asie est très en avance dans le domaine du véhicule électrique - nous l'avions noté dans notre baromètre 2019 de l'Usine du Futur (https://lnkd.in/ei-E6Rj) et dans les investissements autour des batteries) ;

- l'Europe est en train de se repositionner, avec un acteur stratégique qu'est le suédois Northvolt, en passe de s'imposer comme leader européen. On notera, avec un peu d'ironie, que l'un des atouts majeurs pointés par l'article est le partenariat fort entre Northvolt et Volvo Group - sachant que l'actionnaire de Volvo est le groupe chinois GEELY;

- l'un des enjeux majeurs dans le développement de ce marché est l'installation de nouvelles usines, et leur acceptabilité locale. Les efforts pour la communauté locale sont l'un des six critères de l'Usine du Futur que nous suivons dans notre base (https://lnkd.in/gfBkZJp). Ce n'est pas le critère le plus souvent mentionné, il est pourtant important ;

- un point positif pour l'industrie européenne, mentionné par l'article, est l'avance dans le recyclage des batteries. Northvolt est également engagée sur ce secteur (dans notre base, nous avons aussi des projets de recyclage par American Manganese Inc., Fortum en Europe - et des projets en Asie, par Amperex Technology Limited ATL notamment).

Les utilisateurs de notre base peuvent creuser ces sujets par eux-mêmes, toute l'information est à disposition !

Les utilisateurs de notre base ont accès à l'ensemble des détails collectés sur les plus de 21 000 investissements de notre base.