Il nous faut de plus grandes usines !

Interrogé récemment par un client sur le lien entre emploi et investissement dans l'industrie, nous avons remis à jour quelques données sur le lien entre taille des projets industriels (en millions d'€ investis) et emploi. 👇🏻


Nous avons travaillé à partir des 4453 projets industriels pour lesquels nous avons (dans la base Trendeo France) à la fois le nombre d'emplois créés et le montant investi (annoncés par l'entreprise).

Nous les avons répartis en 4 classes :

  • les plus petits, avec un investissement moyen de 1 M€ (jusqu'à 2 M€),
  • les 2 à 50 M€ (moyenne de 9,7 M€),
  • les 50 à 250 M€ (moyenne de 93 M€) et,
  • les plus de 250 M€ (moyenne de 1 112 M€). Respectivement, ces classes comprennent 1 076, 3 087, 251 et 39 projets.

Respectivement, ces classes comprennent 1 076, 3 087, 251 et 39 projets.

Pour les plus petits projets, nous trouvons en moyenne 13 emplois créés par million d'euros investis.

Pour les 2 à 50, on descend à 4 emplois par M€, de 50 à 250, il y a 1,6 emplois/M€ et on tombe au delà à 0,6 emplois par M€.

Si l'on calcule le produit correspondant, à partir d'un ratio Investissement/Production=0,25 (il y a débat sur ce point), on obtient une courbe de productivité par emploi de forme exponentielle (sur ce sujet de l'efficacité croissante des structures, voir le livre de Geoffrey West "Scale: The Universal Laws of Life, Growth, and Death in Organisms, Cities, and Companies".) Nous en avons extrait un graphique ci-dessous.

Augmenter la taille moyenne des projets industriels est donc un moyen de regagner en compétitivité, puisque les projets de plus de 250 M€ d'investissement sont 30 fois plus productifs, par emploi, que les projets à 1 M€.

On peut même imaginer, pour l'exercice, remplacer les 4453 projets industriels, relevés de 2009 à 2023, par 88 investissements à 1,1 milliard. Le coût d'investissement serait identique, la production similaire, mais au lieu de près de 400 000 emplois créés, on en créerait 45 000. On peut dire qu'on perd 350 000 emplois ou bien considérer qu'on les libère pour d'autres projets - à condition de mobiliser l'investissement nécessaire. Cet extrême supposerait aussi de remplacer le tissu de PME et d'ETI par des grands groupes, avec la limite que cela représente pour l'innovation. Ce n'est donc qu'une hypothèse extrême, pas une préconisation.

Il est quand même possible de considérer qu'une élévation de la taille moyenne des projets industriels en France permettrait d'éviter les difficultés de recrutement observées depuis 2020, et de regagner des capacités de production industrielle et des parts de marché. Cela suppose par exemple de ne pas considérer que nous avons "fait le plein" en termes de grands projets, mais que nous devons, au contraire, travailler à en accueillir durablement deux ou trois en plus, chaque année...

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